Plus d’infos
Jean-Jacques Meylan et Guy Gentizon, deux amoureux d’Israël-Palestine, voyagent, publient et donnent des interviews sur la situation dans cette région du Moyen-Orient.
13 février: un nouveau judéo-christianisme
Le judéo-christianisme des origines a disparu. Pendant des siècles, pour partager l’Evangile, les Juifs devaient se convertir au christianisme. Or depuis le XIXe siècle, un nouveau judéo-christianisme apparaît. Pour l’instant son histoire n’a pas encore été écrite, mais c’est l’un des phénomènes religieux significatifs de ces dernières décennies. Des milliers de juifs découvrent Jésus-Christ comme l’un d’eux et comme Fils de Dieu. Il ne leur est plus nécessaire de renoncer à leur identité juive pour retrouver le chemin de la communion avec Dieu. Cet important mouvement me paraît être le signe majeur de ce que notre époque nous permet de vivre.
Une première communauté fondée en 1813
La première communauté messianique a été fondée en Angleterre en 1813. Avant la Seconde Guerre mondiale les juifs messianiques étaient environ 100’000 dans le monde entier. Après les horreurs de la guerre, les communautés messianiques se reconstituent. On estime le nombre actuel des juifs messianiques à environ 200’000. Ils sont principalement regroupés au sein de l’ « International Messianic Jewish Alliance », dont le siège est aux Etats-Unis et dont la branche française est l’AFJM (l’Alliance française des juifs messianiques). En Israël, on compte 6’000 à 10’000 juifs messianiques répartis entre 80 communautés. Il est difficile d’en préciser le profil. Ces communautés sont d’origines très variées et d’une diversité telle qu’elles ne présentent pas de visage commun. Néanmoins elles sont le signe de l’émergence d’une vie spirituelle nouvelle. Elles peinent à trouver leur place, écartelées qu’elles sont entre les Eglises chrétiennes historiques, principalement arabes, et le judaïsme. Elles sont par ailleurs contestées, voire persécutées par les juifs orthodoxes. A Arad, par exemple, un groupe orthodoxe, le « Gur Chassidim » s’est mis à persécuter les 30 Juifs messianiques de la ville. Ils ont été publiquement insultés et traités de nazis, de prostituées et de sales chrétiens. Un lieu de culte a été brûlé et la police n’est pas intervenue (information tirée du site Internet : www.voxdei.org).
Des personnalités de renom
En Israël, les figures juives messianiques bien connues sont Ruben Berger et Samuel Smadja. On citera aussi le Palestinien Taysir Abu Saada et l’Israélien Moran Rosenblit. Autrefois adversaires, en militant l’un et l’autre en faveur de leur propre groupe nationaliste, ils partagent maintenant leur réconciliation en Jésus-Christ.
L’un des mouvements les plus importants du judéo-christianisme actuel se nomme “Les Juifs pour Jésus”. C’est une mission dynamique, d’origine américaine, établie en France depuis une vingtaine d’années. Elle témoigne de l’Evangile de Jésus le Messie auprès de tous, cherchant à éduquer les chrétiens évangéliques sur les origines juives de leur foi et à prêcher l’Evangile aux juifs. Info : Les Juifs pour Jésus.
Pour la France, il faut aussi citer Jacques Guggenheim qui, depuis près de 50 ans, témoigne de sa foi en Jésus-Christ. Il est le fondateur du journal juif messianique “Le Berger d’Israël” dont il partage la rédaction avec Guy Athia et Daniel Solomon. Dans un certain nombre de villes françaises, il organise des rencontres d’études bibliques de caractère juif messianique, ouvertes à tous. Info : “Le Berger d’Israël”
Jean-Jacques Meylan
12 février : des chrétiens engagés dans la réconciliation entre Palestiniens et Israéliens
Le conflit actuel entre Israéliens et Palestiniens est une absurdité. Impossible dans ce document d’en expliquer l’origine et son développement. Disons simplement qu’il est nourri par les attitudes intolérantes, belliqueuses réciproques et du rêve de pouvoir exclure l’autre de ce territoire. Ce sont les inconditionnels fanatiques des 2 camps qui attisent le conflit. Ces attitudes transposées dans nos pays occidentaux feraient que nos sociétés exploseraient bien vite dans des conflits internes violents. Le conflit israélo-palestinien n’est pas une fatalité. Il faut savoir que de part et d’autre, d’innombrables voix s’élèvent pour le condamner. De nombreuses organisations, tant israéliennes que palestiniennes, militent en faveur de la réconciliation des 2 peuples. Aujourd’hui, nous avons visité le monastère l’Emmanuel à Bethléem ainsi que l’organisation Musalaha.
Musalaha
Il s’agit d’un ministère évangélique de réconciliation, qui met en contact des chrétiens juifs et arabes palestiniens pour qu’ils apprennent à se découvrir. Ce ministère est soutenu en particulier par la mission « Portes Ouvertes », fondée par Frère André. Le directeur de Musalaha est Salim Munayer. Pour plus d’infos : www.musalaha.org.
Monastère de l’Emmanuel (communauté de moniales bénédictines, dépendantes de l’Eglise grecque-melkite catholique)
La décision de fonder le monastère de l’Emmanuel remonte à 1954 lors de la visite que l’évêque de Galilée fit à une communauté de sœurs en Algérie. C’est en 1963 que 3 sœurs de la communauté purent acheter une maison et un terrain où elles implantèrent le monastère. Sa vocation : prière et écoute de la Parole. Cette vocation a été complétée par la volonté de développer une spiritualité œcuménique et de travailler à la réconciliation entre chrétiens, arabes et juifs. Depuis de nombreuses années, ce monastère est un lieu où les pèlerins aiment à se rendre pour fraterniser avec les soeurs et partager avec elles une prière pour l’unité et la réconciliation. A l’heure actuelle, la communauté se compose de 7 sœurs, toutes francophones. La prieure en est Sœur Marthe qui vient d’Evian. Elle nous a accueillis à la porte. Une novice, sœur Isabelle, venue jusqu’en Israël à vélo depuis Versailles, a décidé d’abandonner son métier d’enseignante pour rejoindre la communauté.
10 février – En ce jour d’après-élections
Hier, c’étaient les élections législatives en Israël. Tout citoyen pouvait élire ses représentants à la Knesset (le parlement national). Ces élections anticipées ont été provoquées par les accusations de corruption portées contre le premier ministre Ehud Omert qui a été contraint à la démission. On observe que 4 candidats sont susceptibles de s’imposer. Benjamin Netanyahou (Likoud), Tzipi Livni (Kadima), Ehud Barak (travailliste) et Avigror Lieberman (parti russophone d’extrême droite). En matière de politique face aux Palestiniens, ces 4 courants partagent la même ligne, celle poursuivie depuis 60 ans, qui consiste à maintenir un rapport de domination face aux Palestiniens. Seule la manière diffère entre eux. Le courant pacifiste a été laminé ces dernières années. Aussi aucune alternative crédible n’est proposée aux citoyens. Or cette voie de l’exclusion réciproque est manifestement une impasse. L’évolution démographique qui conduit à la parité entre juifs et arabe joue manifestement en défaveur de l’Etat d’Israël. Celui-ci se comprend comme une Etat juif, c’est à dire un Etat qui privilégie juridiquement la communauté juive. Or ce choix conduit manifestement une impasse. De nombreux experts en matière de politique estiment qu’Israël ne peut plus poursuivre cet objectif. (Voir le témoignage de Shlomo Sand . Pour survivre, Israël devra se transformer, à l’image de tous les Etats démocratiques du monde, en un Etat de tous ses citoyens, juifs et arabes. Pour y arriver il faudra un énorme changement des mentalités. Il faudra remplacer la peur de l’autre qui conduit à son exclusion par un regard de partenariat. Les conditions ne sont certes pas encore réunies. Mais il vaut la peine d’entendre ce qu’une amie juive israélienne m’écrivait récemment : « J’ai été comme beaucoup bouleversée par la guerre de Gaza et je n’ai qu’un espoir : une intervention étrangère, Etats-Unis ou Europe, peu importe, qui nous forcera à nous asseoir ensemble avec les Palestiniens jusqu’à ce que nous arrivions à un accord. Tant d’erreurs des 2 côtés… tant de douleur, tant de traumatismes… »
Jean-Jacques Meylan
9 février – Bethléem en bref
La ville de Bethléem est située à environ 10 km au sud de Jérusalem. On estime aujourd’hui sa population à 60’000 habitants (25’000 en 2000). Les chrétiens représentent 30% de la population.
L’actuelle basilique est l’église consacrée la plus ancienne du monde. Elle fut construite par l’empereur byzantin Justinien (527-565) sur le site d’une basilique plus ancienne érigée par l’empereur Constantin en 325.
8 février – JÉRUSALEM – YERUSHALAÏM – AL QODS, “la sainte”.
C’est la ville la plus investie au monde de charges affectives et religieuses. Initialement habitée par les Jébuséens, elle a été conquise par David, autour de l’an 1’000 av. J.-C. Il en a fait sa capitale. Son fils Salomon y a construit le Temple, lieu sacré par excellence pour le judaïsme. Pour les chrétiens, Jérusalem est la ville où Jésus a connu les épisodes les plus intenses, les plus dramatiques et les plus glorieux de son ministère terrestre. C’est à Jérusalem qu’il a prononcé son discours d’adieu rapporté par l’évangéliste Jean. C’est à Jérusalem qu’il est mort crucifié par les Romains. C’est à Jérusalem qu’il est ressuscité et s’est manifesté à ses disciples. L’église construite dès les années 330, sur le lieu présumé du calvaire, se nomme pour les chrétiens occidentaux le Saint-Sépulcre, alors que les chrétiens orientaux l’appellent l’Eglise de la Résurrection. Après Médine et La Mecque, Jérusalem est pour les musulmans la troisième ville sainte. Le prophète Mohamed y a vécu, peu avant l’hégire (en l’an 622), son ascension mystique au ciel, en compagnie de l’ange Gabriel. Le Dôme du Rocher, a été construit sur l’emplacement présumé du Temple par le khalife Abd al-Malij en 690. La vieille ville actuelle date de l’époque ottomane. Les murailles actuelles ont été construites par Soliman le Magnifique, de 1537 à 1541. Il reste cependant d’importants vestiges de la ville du temps du roi Hérode, en particulier le célèbre “Mur des Lamentations” que les Israéliens ont rebaptisé “Mur occidental”.
Avec un tel passé, avec une telle charge affective religieuse, on imagine les tensions politiques entre les différentes communautés. Dans ce contexte, il est important de rappeler les paroles de Jésus à la Samaritaine qui souhaitait savoir où se trouve le vrai temple et quelle est la vraie religion. Jésus lui indique alors que la vraie adoration que Dieu désire est celle du cœur, en esprit et en vérité (Jean 4, 21-24). Cette parole extraordinaire désacralise tout territoire prétendument sacré. Elle invite à vivre une foi du cœur, qui peut alors devenir une vraie dynamique de réconciliation. Jérusalem compte aujourd’hui environ 710’000 habitants, dont 65% de juifs (pour une bonne moitié des religieux orthodoxes) et 32% d’arabes.
7 février – Cadre général du projet
Israël dans ses frontières internationalement reconnues, couvre un territoire de 20’500 km2. (Suisse : 39’770 km2). La Cisjordanie a une superficie d’environ 5’900 km2, Gaza 380 km2 et le Golan occupé 1’150 km2. Ainsi, l’ensemble des territoires administrés ou contrôlés par Israël couvre donc environ 30’000 km2. La population de ces territoires est d’environ 5’200’000 Juifs et 4’800’000 Arabes.
La déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël a été proclamée le 14 mai 1948. Elle concrétise le vote de l’ONU du 29 novembre 1947, par lequel la majorité de ses membres adopte un plan de partage de la Palestine, anciennement administrée par les Britanniques, afin de constituer 2 états indépendants. Les Etats arabes opposés à ce plan déclarent la guerre à Israël. Israël, frustré de la petitesse du territoire qui lui est imparti, cherche à l’étendre grâce à ses conquêtes militaires. Le conflit entre les 2 communautés date déjà du début du XIXe siècle. Mais il va désormais se radicaliser.
Notre but, dans ce voyage, n’est pas de prendre parti pour l’une ou l’autre des communautés. Nous sommes venus en Israël-Palestine avec la décision d’aimer les 10’600’000 personnes qui peuplent ce territoire. Notre objectif est de mieux comprendre la situation, d’écouter les chrétiens, autant juifs que palestiniens. Peut-être aussi d’encourager les nombreuses personnes qui dans les 2 camps militent pour la paix et une coexistence pacifique. Nous sommes en effet convaincus, que si Israël a un rôle à jouer dans le plan de Dieu pour l’histoire du monde, ce rôle ne peut être que d’être témoin et signe de justice, de paix et de réconciliation entre les peuples.
Israël a-t-il perdu la guerre ?
Entretien avec l’historien israélien Shlomo Sand
Shlomo Sand, historien renommé, est l’un des rares intellectuels israéliens – y compris à gauche – à condamner le pilonnage de Gaza. Il rêve d’une république israélienne ouverte sur le monde arabe.
Lire l’article
Au cœur du conflit israélo-palestinien avec Jean-Jacques Meylan et Guy Gentizon
Les pasteurs Jean-Jacques Meylan et Guy Gentizon de la FREE organisent des voyages en Israël. Dans une interview accordée à François Sergy de Certitudes (le périodique de Radio Réveil), ils proposent une analyse du conflit israélo-palestinien. Exercice ô combien délicat ! A lire en deux versions, une courte et une longue. (Nous remercions Radio Réveil de nous avoir autorisés à mettre en ligne cette interview sur le site de la FREE !)
Jean-Jacques Meylan publie une brochure sur Israël
Jean-Jacques Meylan a publié « Israël-Palestine. Coexistence (im)possible ? ». Cette brochure fait le point sur la manière dont les évangéliques abordent la question d’Israël. Elle propose aussi d’intégrer dans la réflexion la situation des Eglises palestiniennes. Ce document paraît à l’occasion d’un voyage que Jean-Jacques Meylan organise sur place.
Deux évangéliques en visite « officielle » en Israël
Du 1er au 10 mai 2006, 14 représentants des Eglises chrétiennes du canton de Vaud ont effectué un voyage en Israël-Palestine. Ils répondaient à l’invitation du curé de Nazareth, Emile Shoufani, une invitation adressée en 2004 au Conseil des Eglises chrétiennes du canton de Vaud (CECCV). Guy Gentizon, pasteur dans l’Eglise évangélique La Fraternelle à Nyon, et Guy Barblan, directeur de l’école de musique Psalmodia à Crissier, représentaient les évangéliques. Echos d’un périple qui a permis de confronter les regards catholiques, réformés et évangéliques sur ce que certains appellent la « Terre sainte ».
La dynamique autour du Collège biblique de Bethléem
C’est le Collège biblique de Bethléem qui accueille la vingtaine de Suisses et de Français qui participent au voyage « Dans les baskets d’autres chrétiens en Israël-Palestine » du 7 au 15 février 2009 en Israël-Palestine. Quelques infos sur le collège lui-même et sur l’un de ses professeurs qui est venu à quelques reprises en Suisse romande.
Le site web du Collège biblique de Bethléem
Du 7 au 15 février, l’équipe « Dans les baskets d’autres chrétiens en Israël-Palestine » va être accueillie par le Collège biblique de Bethléem, une institution de formation théologique pour les chrétiens palestiniens et du Moyen-Orient. Pour plus d’infos sur le collège.
Une réconciliation impossible ?
A l’invitation de Portes Ouvertes, le doyen de l’Ecole biblique de Bethléem, Salim Munayir, est venu en Suisse romande du 13 au 20 mai 2007. L’occasion, pour ce chrétien arabe de nationalité israélienne, de nous parler de « Musalaha », une démarche de réconciliation entre juifs messianiques et arabes chrétiens. Témoignage.
Avec Musalaha, Salim Munayir promeut une réconciliation israélo-palestinienne au nom de Jésus
Dans les milieux évangéliques, la question d’Israël est très disputée. Longtemps, le débat était verrouillé par ceux qui considéraient que tout évangélique ne pouvait être qu’un inconditionnel de l’Etat hébreu. Les temps changent. Notamment grâce à une meilleure connaissance de la communauté palestinienne évangélique. Le dimanche 20 mai 2007, Salim Munayir, le doyen du Collège biblique de Bethléem, a prêché à l’Eglise évangélique la Fraternelle à Nyon (FREE) dans le cadre d’une visite en Suisse organisée par l’ONG « Portes Ouvertes » . Nous vous proposons ci-dessous la transcription de son propos. Salim Munayir n’aborde pas de manière directe les questions de compréhension et d’interprétation des textes bibliques qui touchent à Israël. Il parle de son expérience de réconciliation, dans un contexte où la haine alimente la haine depuis plus de 60 ans. Une prédication à ne pas manquer ! Une prédication qui conserve certaines tournures orales.
Un membre de la FREE s’engage à Bethléem
Rémond Graf, observateur des droits humains à Bethléem
Rémond Graf est membre de l’Eglise évangélique « La Fraternelle » à Nyon. Il est marié et père de 3 enfants adultes. A 55 ans, il est retraité depuis le 1er septembre 2007 du contrôle aérien. A partir du 7 décembre 2007 et pendant 3 mois, il a participé à Bethléem au Programme oecuménique d’accompagnement en Palestine et en Israël (EAPPI) mis en place par le Conseil oecuménique des Eglises. Il était accompagné par une pasteure allemande à la retraite et par une étudiante norvégienne. En tout, 5 équipes participaient à ce programme. Elles se trouvaient également à Hebron, Tulkarem, Yanun et Yayus. Les volontaires avaient entre 25 et 68 ans. Ils venaient des Etats-Unis, de l’Angleterre, d’Afrique du Sud, d’Allemagne, de Norvège, de Finlande et de Suisse. Parcourir le blog de Rémond Graf.
Des cartes d’Israël-Palestine
La distribution du territoire entre Israël et la Palestine
Un Blog WordPress.com. | Thème : Pool par Borja Fernandez.
Entrées et commentaires feeds.